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Côte d'Ivoire · Agnéby-Tiassa

Fêtes et traditions de l’Agnéby-Tiassa

À Gomon, le jour du Dipri, des initiés se percent le ventre puis referment la plaie devant la foule. La scène attire chaque printemps des centaines de curieux dans ce village abidji, à 13 kilomètres de Sikensi. Elle résume assez bien l’Agnéby-Tiassa : une région proche d’Abidjan, où les rites anciens restent très vivants.

Le Dipri, Nouvel An des Abidji

Le Dipri se célèbre dans plusieurs villages abidji du département de Sikensi, notamment Gomon et Yaobou. Il tombe en général en avril, à la fin de la grande saison sèche. Pour les Abidji, il ferme une année et en ouvre une autre.

À Yaobou, le chef de terre raconte l’origine de la fête. L’ancêtre N’Go, fuyant une guerre, arrive devant la Comoé en crue. Le fleuve exige un sacrifice. N’Go offre son propre fils, Yao. Le village, rebaptisé Yaobou, porte depuis le nom de l’enfant. Selon la même tradition, « di » désigne l’étendue d’eau et « pri » l’exode.

La journée commence avant l’aube. Une procession frappe aux portes pour chasser les mauvais esprits. Les familles se purifient, puis se rendent à la rivière sacrée, où elles déposent des œufs porteurs de vœux. L’après-midi, place aux transes et aux démonstrations de puissance mystique. Les quartiers s’affrontent ensuite dans des joutes rituelles qui s’achèvent vers 18 heures.

Le jour du Dipri, les étrangers ne peuvent ni entrer ni sortir du village pendant la cérémonie. Mieux vaut se renseigner auprès des chefferies avant de s’y rendre.

Djidja, la fête de l’igname en pays abbey

Autour d’Agboville, chaque canton abbey célèbre l’igname à son tour, entre septembre et décembre. Le canton Morié ouvre la saison, suivi du canton Tchoffo en octobre, puis de Khoss et d’Abbeyvê.

En langue abbey, la fête s’appelle Djidja, ce qui signifie « plonger dans l’eau » ou « purification ». Le premier jour, chaque chef de famille se lave à la rivière et s’enduit de kaolin. On mange le foufou d’igname, avec une sauce au poisson ou à la viande de chèvre. Le deuxième jour, la banane et le manioc remplacent l’igname. Le troisième jour, les familles dansent devant le chef, vêtu de blanc, qui bénit le village.

Pendant Djidja, les différends sont mis de côté. Les repas se partagent. Un fils du village absent le soir de l’ouverture doit attendre le lendemain après-midi pour rentrer.

Les Krobou et leur fête des ignames

Dans la sous-préfecture d’Aboudé Mandéké, près d’Agboville, les Krobou célèbrent aussi l’igname. Ces dernières années, la fête s’accompagne d’un tournoi de football organisé pendant les vacances, qui réunit les jeunes de plusieurs villages.

Le Carnaval Manhindi, la fête de toute la région

Ces fêtes appartiennent à un village, un canton ou un peuple. Le Carnaval Manhindi, lui, réunit tout le monde. Du 28 avril au 1er mai, les villages des quatre départements défilent avec leurs masques, leurs costumes et leurs fanfares. En 2023, quatre trophées d’un million de FCFA récompensaient les meilleurs groupes, à condition de défiler en tenue traditionnelle.

Pour aller plus loin, découvrez la région de l’Agnéby-Tiassa et notre panorama des fêtes traditionnelles de Côte d’Ivoire.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le Dipri ?

Le Dipri est la fête du Nouvel An des Abidji, célébrée vers avril dans des villages du département de Sikensi comme Gomon et Yaobou. Elle mêle purifications, offrandes à la rivière sacrée, transes et démonstrations de puissance mystique.

Que signifie Djidja chez les Abbey ?

Djidja est le nom abbey de la fête de l'igname. Le mot signifie plonger dans l'eau ou purification. Chaque canton la célèbre à son tour entre septembre et décembre.

Quand a lieu la fête de l'igname à Agboville ?

Elle se tient entre septembre et décembre selon les cantons abbey : Morié, Tchoffo, Khoss puis Abbeyvê.

Quelle est la plus grande fête de l'Agnéby-Tiassa ?

Le Carnaval Manhindi, du 28 avril au 1er mai, réunit les villages des quatre départements de la région autour de défilés, de masques et de danses.

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